
Aux oiseaux … à vélo … parce que ce moyen de locomotion permet de passer rapidement et aisément d’un milieu à un autre sans polluer l’environnement. Ce cheminement offre de belles découvertes : de minuscules Bergeronnettes grises cachées entre les chaumes de maïs, par exemple.

Plus loin, une trentaine de Milans royaux chapardent les nombreux lombrics malmenés par le passage de la charrue.

Là-bas, un Chamois savoure les premières jeunes pousses du printemps.

En dessus, un Rouge gorge familier fredonne son refrain, un léger gazouillis en cascade descendante, hésitante et pétillante.

Et tout là-haut, une Grive musicienne scande inlassable ses slogans endiablés pour défendre son territoire et trouver un partenaire.

Toutes ces observations, en empruntant divers chemins de traverse, me mèneront finalement à mon but : le Cincle plongeur. L’oiseau qui marche sous l’eau.

Un superbe athlète profilé pour nager et marcher sous l’eau. Prouesse rendue possible grâce, entre autres, à ses os pleins qui lui permettent de rester au fond de l’eau plus facilement.

Un plumage particulièrement hydrofuge, des paupières nictitantes - on les distingue en blanc - des clapets aux narines et de longues pattes avec des doigts puissants pour s’agripper au fond de l'eau, complètent son équipement.

Monsieur et Madame redoublent d’effort pour construire leur nid. Quant à savoir qui est la femelle, impossible à déterminer, pas de dimorphisme, les deux genres arborent le même plumage.

Les nombreuses allées-venues pour construire le nid accaparent le couple durant plusieurs jours.

Le nid a la forme d’une boule sphérique, volumineuse, fermée de tous les côtés avec une entrée latérale. Des brindilles, de la mousse, des feuilles mortes, des lichens, tout y passe.

Ce doux cocon accueillera, si tout va bien, deux nichées successives.

Le nid est caché quelque part le long de la rive dans un trou de rocher, un arbre mort, entre des racines ou sous une construction. Dans ce cas précis, c’est sous un pont. Ce qui facilite mon approche pour venir les observer sans les déranger.

Bien qu'il se repère de loin avec son plastron blanc et qu'il est constamment en train de fléchir les jambes, comme s'il avait la bougeotte, ce lascar ne se laisse approcher facilement. Mais quel plaisir lorsqu'il daigne me laisser entrer dans son univers quelques minutes.