La petite Camargue alsacienne réserve toujours de belles surprises. Lever du jour avec un guetteur mystérieux : un Grand Cormoran.
Plus loin, une deuxième sentinelle fait le guet dans un décor apocalyptique : un Héron cendré. 
Troisième sentinelle, toujours dans une ambiance fantastique et surnaturelle, une femelle Canard Colvert monte la garde tandis que le mâle fait sa ronde. 
Un fend-l'air, sorte de mercenaire belliqueux, surgit soudainement la baguette au bec et survole l'étang : autrement dit, un Grand Cormoran.
Dans les arbres, une colonie de Hérons cendrés, de Grands Cormorans et de Cigognes blanches partagent un habitat autogéré.
Les Grands Cormorans, qui sont les plus nombreux, s'affairent à construire leur nid.
Une citadelle robuste sera aménagée durant de longues journées. Le mâle apporte les branchages que la femelle dispose méthodiquement.
Proche voisin, un couple de Cigognes blanches observe avec attention l'effervescence printanière. Son nid est prêt. Il est constitué d'un enchevêtrement de branches, de paille, de touffes d'herbe et parfois même de racines. Agrandi chaque année, il peut devenir énorme et parfois peser plusieurs centaines de kilos.
Les Cigognes blanches sont fidèles en amour et à leur nid qu'elles regagnent le plus tôt possible, dès le mois de janvier ces dernières années.
Les mâles arrivent plus tôt que les femelles pour squatter un nid qu'ils vont défendre jour et nuit contre les intrus qui voudraient s’en emparer.
L'accouplement n'est pas une sinécure. Le mâle, qui a bien du mal à se stabiliser sur le dos de la femelle doit d'abord trouver l’équilibre. Les battements énergiques de ses ailes l'aide à y parvenir.
Ensuite, la femelle balance son cou en arrière. Un subtil balancement du bec à gauche et à droite permet au mâle de stabiliser sa position et éviter la chute.
Le mâle saisit de son bec le cou de la femelle pour parfaire la stabilité.
Quelques intenses secondes dans un équilibre précaire ... et le tour est joué.
L'équilibriste quitte alors prudemment la délicate position. La partie de jambes en l'air se termine par des claquements de becs de deux partenaires.
Cette Oie cendrée semble impassible à ces cabrioles ... bien qu'elle y a prêté une grande attention. C'est le printemps !
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