Ça y est, nous sommes en pleine période de festivités pour le Campagnol roussâtre. De mars à octobre, 4 à 5 portées vont se succéder ; au total ce seront entre 15 et 25 jeunes qui vont voir le jour. C’est donc en automne qu’on observera la plus grande densité ... pour le plaisir des Chouettes hulottes.
L'arrivée des Gobemouches noirs se fait de manière très marquée : ils arrivent pratiquement tous en même temps, presque au jour près. En tous cas, tous la même semaine ...
Ce migrateur au long cours, quitte l'Afrique et parcoure, de nuit, des milliers de kilomètres afin d'éviter les prédateurs diurnes. A raison de 200 à 300 kilomètres par nuit, sa migration représente un périple incroyable.
Tout cela pour venir s'installer dans nos forêts et bénéficier de l'abondance d'insectes durant la période de reproduction.
Cavernicole, il profite très souvent des nichoirs artificiels, quitte à déloger parfois le couple de mésanges qui s'y trouve déjà. La crise de l'immobilier sévit aussi dans ce milieu.
Un autre arrivant, également migrateur au long cours, se presse de faire sa place. Par contre, les cavités ne l'intéresse pas : lui, il niche au sol. Le Pouillot de Bonelli vient lui aussi profiter de la profusion d'insectes disponibles dans nos f0rêts pour élever son unique nichée.
Le Grimpereau des bois ne migre pas, c'est un indigène pure souche. C'est l'exception de cette petite chronique printanière. Mais il partage le même milieu que ses nouveaux voisins. La concurrence au niveau de la nourriture est manifeste : tous sont insectivores. Mais il n'a aucun souci à se faire au niveau du logement car il construit son nid sous l'écorce d'un arbre sec.
Le Tarier des prés participe lui aussi au mouvement. Migrateur au long cours, cet oiseau relativement rare fera juste une petite halte chez nous. Il repartira chercher des conditions optimales - si possible des prairies de fauches extensives - pour y nicher. En Suisse, de nombreux projets de conservation sont menés pour favoriser son retour ; en Engadine, en Valais, dans les Alpes fribourgeoises et dans le Massif jurassien.
Autre belle rencontre, le Pipit des arbres. Également nicheur au sol et migrateur au long cours, lui voyage de jour. Il est connu pour son comportement singulier durant la période de reproduction : il s'envole haut dans le ciel en chantant, puis il se laisse tomber comme un parachute.
Encore une belle rencontre, un Gobemouche noir fraichement arrivé. Sitôt là, il vocalise pour marquer son territoire et trouver une femelle.
Manifestement, celui-ci est déjà apparié. La femelle construit son nid dans un nichoir artificiel. Une étude mené dans le nord vaudois indique qu'une très forte proportion de Gobemouches noirs utilisent ces nichoirs.
Cela démontre l'importance des mesures de conservations entreprises par les sociétés de protection des oiseaux et, parfois même, des collectivités publiques. D'une manière générale, nous pouvons tous contribuer à favoriser ces magnifiques passereaux.